Ce blog s’arrête sans vraiment se terminer. Et ce n’est pas un oubli.
Quand nous sommes rentrés de Balikpapan, de Bornéo, puis revenus en France, nous avions l’intention d’écrire une conclusion. Chacun de nous devait poser quelques mots, quelques phrases, pour dire ce que cette année autour du monde nous avait fait, ce qu’elle nous avait appris, ce qu’elle avait changé en nous. Nous l’avons fait, quelque part, sur un cahier. Et ce cahier a disparu.
Avec lui, ces mots se sont envolés. Et le blog, lui, est resté suspendu.
Sur le moment, cela a ressemblé à un rendez-vous manqué. Puis, avec le recul, nous avons compris que c’était peut-être simplement impossible de conclure. Parce que ce voyage n’était pas une parenthèse que l’on referme proprement, mais un mouvement qui continue de nous traverser. Parce que mettre un point final aurait donné l’impression que tout était derrière nous, alors qu’en réalité, tout est encore là.
Cette année autour du monde nous a appris à vivre autrement. À ralentir, à observer, à écouter. À faire confiance. À accepter l’inconfort autant que l’émerveillement. Elle nous a soudés, bousculés, parfois fatigués, souvent émerveillés. Elle nous a offert des paysages, des rencontres, des silences, des rires, et une autre façon d’être ensemble, en famille.
Et si je prends un instant la parole ici, en tant que maman, en tant que femme, c’est pour dire merci.
Merci à Cyrille, mon chaton. D’avoir été là, toujours. De m’avoir suivie dans mes élans, dans mes idées parfois un peu folles, dans mes détours pas toujours très judicieux. Merci pour ta patience, ton humour, ton envie intacte d’avancer, de découvrir, de vivre. Être ton épouse et partager cette aventure avec toi a été un immense cadeau.
Merci aussi à Ylan et Sahel. Pour leur ouverture, leur curiosité, leur capacité à dire oui, même quand ce n’était pas simple, même quand c’était inconfortable. Merci d’avoir fait confiance, d’avoir suivi, d’avoir grandi avec nous sur les routes du monde. Ce voyage n’aurait jamais été le même sans vous.
Nous sommes rentrés, oui. Mais nous ne sommes jamais vraiment revenus comme avant.
Alors cette absence de conclusion est peut-être la plus juste. Elle dit que l’aventure ne s’est pas arrêtée avec le dernier avion, le dernier sac posé, le dernier post publié. Elle continue dans nos choix, dans nos envies, dans notre regard sur le monde.
Et s’il y a une chose que nous aimerions transmettre, surtout à nos garçons, c’est celle-ci : quand on désire quelque chose profondément, il faut oser. Même quand on a peur. Surtout quand on a peur. Il y aura des obstacles, des doutes, des imprévus, des moments de fatigue. Mais la peur ne doit jamais être ce qui empêche d’essayer. Oser, ce n’est pas ne pas avoir peur. Oser, c’est avancer avec elle.
Ce blog ne se ferme donc pas. Il reste là, comme une trace, un témoignage, un point de départ. Et peut-être qu’un jour, il y aura une suite. Ou peut-être pas. Mais ce que nous savons, c’est que cette année restera à jamais une partie de nous.
Et c’est largement suffisant.









